NUMERO 56 PRINTEMPS 2000
Jay Ma
Shree Shree Ma
Anandamayi
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Paroles de Ma
Q : Ma,
comment se fait-il qu'aussitôt qu'on se met en méditation toutes sortent de
pensées se mettent à surgir et à s'imposer au mental?
Ma : Ne
savez-vous pas pourquoi on ne peut se concentrer? Le désir agit comme une force
de dissuasion: de même, lorsque vous
cherchez à pénétrer dans la mer, les vagues vous repoussent vers la plage; si
vous persévérez et atteignez un niveau plus profond, les vagues cesseront de
vous empêcher d'aller plus loin.
Comment un être humain peut-il
être dépourvu de courage? Pour atteindre la vérité, on doit endurer toutes les
difficultés en demeurant à tout jamais dans la patience: Ce sont les obstacles
qui engendrent la patience: Ecrivez à
mon ami et dites-lui qu'il doit devenir un voyageur sur le sentier où la Paix
peut être trouvée.
Un pélerin sur le chemin de l'Immortalité ne contemple jamais la
mort. Par la méditation sur l'Immortel, la peur de la mort s'éloigne
considérablement. Souvenez-vous de ceci: c'est dans la mesure où votre
contemplation de l'Un deviendra ininterrompue que vous avancerez vers une
Réalisation pleine et entière
La quête de la vérité devrait
déterminer toute la quête de la vie hamaine. Le désir authentique ouvre
lui-même la voie à la Réalisation..
Dans notre périple pour
traverser la vie de ce monde personne ne demeure heureux. Le pèleninage
jusqu'au But
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de l'existence humaine est la
seule voie vers le bonheur suprême.
Tout d'abord, il doit être clair que c'est l'action du pouvoir
du Guru qui met en branle le pouvoir de votre propre volonté; en d'autres
termes, on peut dire que ce pouvoir de la volonté vient du pouvoir du Guru.
Le Bonheur Divin -ce que vous appelez parama sukhadam- est une
félicité pure et sans mélange, un bonheur en soi.
"Je suis Ton instrument; daigne oeuvrer à travers Ton
instrument" En regardant toutes la
manifestation comme l'Etre Supreme, on obtient la communion. Quelque soit le
travail qu'on entreprenne, qu'on le fasse avec tout son être et dans l'esprit
suivant: 'Il n' ya que Toi qui travaille!'. Ainsi, il n'y aura pas d'occasion
d'affliction, de détresse ou de chagrin.
Tout devient fluide et doux quand on a resssenti qu'on a été
touché par la bénédiction de son
contact.
Dépendez absolument de Lui, quelques soient les conditions dans
lesquelles vous puissiez vous trouver, maintenez Son souvenir uniquement. Que
ceci soit votre prière: 'Seigneur, il t'a plu de venir à moi sous forme de
maladie. Donne moi la force de la supporter, ceins-moi les reins de patience et
fais moi comprendre que c'est Toi qui demeure en moi caché de cette façon.
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En tout temps, soutenez en vous
la contemplation deu Divin et le fllus de son Nom. Par le Nom, toutes les
maladies se remetent facilement.
Abandonnez-vous à Dieu dans tous les domaines sans exception.
'Qu'il fasse ce qu'il veut de moi, je ne suis qu'une créature entre
ses mains, voilà qui doit être votre attitude d'esprit.
Rester calme et paisible en
toutes circonstances est le devoir de l'être humain.
Questions à Vijayananda
Comme
dans le numéro précédent, ces questions-réponses proviennent des échanges
durant le satsang de chaque soir auprès du samadhi de Ma.
Q : Qu’est-ce que la
psychologie spirituelle?
V : C’est le silence.
Q : Le meilleur fil directeur en méditation n’est-il
pas le ressenti?
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V : D’habitude, ce ressenti correspond à un paquet de surimpositions, mais lorsqu’on réussit à calmer le mental et à avoir un perception vraiment pure, on est très proche de l’Absolu.
Q : Quand on a les yeux fermés en méditation, la seule perception pure est celle du corps.
V : Peut-être, mais en fait la perception du corps est complètement déformée par les représentations qu’on s’en fait. Quand on a atteint l’arrêt du mental, il n’y a même plus de sensations à percevoir.
Q : C’est la perception directe de l’être.
V : Il n’y a même plus de perceptions; c’est la subjectivité pure.
Q : Est-il utile de faire
des voeux de silence?
V : En fait, je connais la meilleure manière de garder le silence :
c’est d’être silencieux quand on ne parle pas. Cela paraît une plaisanterie,
mais c’est au fait le signe d’un haut niveau spirituel : dire brièvement ce
qu’on a à dire, et après avoir un mental complètement vide, ‘blank’ comme on
dit en anglais.
Q : (Un Allemand qui avait
visité quelques védantins) Pour me débarrasser de l’égo, j’observe ma colère,
toutes mes émotions et je me dis qu’au milieu de tout cela il n’y a pas d’égo.
V : Ce sont des mots. Là où il y a de la colère, il y a de l’égo, là où il n’y a pas de colère il n’y a pas d’égo. Ceci dit, il est vrai qu’il ne faut pas chercher à ‘tuer’ un égo qui de toutes façons n’a pas d’existence fondamentale. Ce serait comme
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prendre un bâton et essayer de tuer une ombre en lui administrant de grand coups.
Q : Vous vous êtes mis à la
sadhana pendant la guerre où votre vie était constamment en danger, et après où
les horreurs de cette guerre sont venues en surface. N’en avez-vous pas été
perturbé?
V : Non, pas même pendant que cela ce passait. Je prenais cela comme un jeu, les uns poursuivaient les autres, c’était comme une parite de gendarmes et de voleur; Et puis après les évènements, comme le passé n’a plus de réalité, il n’y avait pas lieu d’en être perturbé non plus.
Q : Si le passé n’a pas de réalité, quel sens
reste-t-il à la Tradition?
V : En fait, la tradition est vécue dans le présent, quand on suit ce que le guru nous dit de faire. Du point de vue relatif et empirique, la question du passé et de son héritage existe, mais du point de vue absolu et dans l’expérience du sage, ce genre de questions ne se pose plus. Si vous vous les posez, c’est que vous êtes encore sur le plan empirique.
Q : Comment différencier l’être mental et l’être
vital?
V : Pour connaître l’être mental d’une personne on se base sur son visage et sur sa voix; pour percevoir son état vital, il suffit d’être proche physiquement de l’autre ou de lui prendre la main pendant quelques temps. Le corps yoguique est atteint quand il y a l’union du masculin et du féminin à l’intérieur; le corps causal est appellé ainsi car il correspond à cette partie de l’égo qui passe d’une existence à l’autre, et représente donc la cause des renaissances. A un stade de la
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sadhana, le corps subtil peut être vécu comme un manteau merveilleux donné par le Guru; on voudrait que personne ne vienne y toucher; Mais c’est de l’orgueil, on doit aller au-delà. Tout ceci est une question d’expérience.
Q : Peut-on dire que le samadhi est une forme de
sommeil?
V : J’ai trouvé une façon d’être complètement conscient alors que le corps est comme endormi, par exemple quand je reste allongé au peit matin, ou même assis. Ceci dit, ce n’est pas le samadhi, car dans celui-ci il y a en plus une joie intense. Les expériences proches de la mort ne sont pas réellement des expériences de mort mais donnent une expérience de bonheur et de lumière comme on peut avoir dans le sommeil profond.
Q : Beaucoup de gens
venaient à Ma, ou viennent actuelllement à Amma pour une guérison. Peut-on dire
que ces sages voient les maladies?
V : Ils voient l’origine spirituelle des maladies sous forme d’esprits qui possèdent le corps et apparaissent dans certaines parties.
Eléments méditation
par Swami Nirgunananda
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Swami Nirgunananda vit depuis douze ans à l'ermitage de
Dhaulchina. Il est passé en France pour quelques jours durant l'été 99 et
reviendra probablement en fin aoüt ou
début septembre 2000. Il est intéressant de lire quels sont les conseils de
base qu'il donne pour la méditation après toutes ces années d'expérience. Même
s'ils sont souvent simples, ils véhiculent une longue expérience de la vie
intérieure.
I) LE CONTEXTE DE LA PRATIQUE
Le Yoga n’est pas seulement pour le confort du corps et de l’esprit, mais est une voie complète de Libération. Il il y a quatre stades d’évolution : La Réalité ultime, la manifestation, la servitude et la Libération. Le premier et le dernier stages ne font qu’un. On doit garder présent à l’esprit que les pratiques de Yoga ne peuvent en elles-mêmes mener l’individu à l’Ultime. Elles représentent une préparation pour la descente de la Grâce, ou la survenue spontanée de la Connaissance (Jnana). Sinon, l’Ultime deviendrait conditionné, relationnel et relatif, ce qui est en contradiction avec le concept même d’Absolu.
Le Yoga retire les obstacles à la
manifestation de l’immuable qui réside derrière tous les changements de la
création. La Réalité ultime n’est pas un objet d’expérience, mais se manifeste
quand celui qui expérimente, l’objet d’expérience et l’expérience elle-même ne
font plus qu’un. On peut être déconcerté de voir que certaines personnes
pratiquent la méditation pendant des années sans beucoup de résultats
apparents. C’est souvent dû à la dissipation d’énergie venant de la négligence
des règles préliminaires
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disciplinant le style de vie (yama-niyama)
et le manque de contrôle des sens. La méditation produit de l’énergie, c’est
certain, mais cette énergie restera comme de l’eau versée dans un seau percé si
on ne respecte pas les règles préliminaires. Le niveau ne risque pas de monter.
Parmi bien d’autres facteurs, les habitudes alimentaires jouent un rôle majeur
dans la pratique spirituelle. La condition mentale dépend du type de nourriture
ingérée. La méditation est reliée au mental de deux façons : déjà, elle
aide à le connaître, lui qui est si proche de nous, et pourtant inconnu. Par
ailleurs, elle tend à former l’esprit; bien que celui-ci soit insoumis et
rebelle, on peut cependant le faire plier. Ma conseillait de préparer sa propre
nourriture pendant les périodes de retraite au moins pour développer
l’indépendance, un facteur important de réussite dans la voie du Yoga. Bien
entendu, une alimentation végétarienne
est de première importance. Par exemple, Swami Vijayananda qui a été
avec Ma depuis 1951 suit un régime très régulier qu’elle lui avait conseillé.
Il dit d’après sa propre expérience que si vous trouvez un régime équilibré du
point de vue diététique et que vous le répétez tous les jours, le mental se
libère complètement du désir de nourriture, il n’y pense plus, c’est le mieux
pour la sadhana. Ma n’insitait pas sur le jeûne, à part quelques jours dans
l’année qui sont recommendés par la tradition (Shiva Ratri en février, la naissance de Krishna en août) ;
elle citait souvent le proverbe, l’homme doit manger pour vivre et non vivre
pour manger.
En hindi et sanskrit, asan signifie non seulement posture, mais facile également. Ceci nous rappelle l’aphorisme de Patanjali sthira-sukh-asana, ‘la posture (doit
être) stable et facile’.On doit revenir régulièrement à la relaxation du corps
pendant la pratique, seule la colonne et le cou doivent être dynamiques, bien
perpendiculaires au sol. La posture du lotus (padmasana) et les autres postures jambes croisées sont plus faciles
si l’on est assis sur un coussin. Les genoux touchent le sol avec moins de
tension et forment un triangle stable. Pendant longtemps, la méditation
requiert un objet, et le corps est
l’un des meilleurs. Il nous permet de comprendre comment fonctionne la base du
mental. Parce que nous nous identifions au corps, ‘revenir à soi-même’ signifie
au moins au début revenir au corps et ête conscient de ce qui est la forme
grossière du Soi. Cela peut être une bonne habitude de revenir au corps au
début de chaque session.
Si la pression des chevilles
l’une sur l’autre est trop intense on peut mettre un serviette entre. Par
ailleurs, si l’on médite avec les deux mains l’une sur l’autre, on peut mettre
un tissu plié sous la main inférieure pour compenser un déséquilibre qui sinon
a tendance à se propager jusqu’à la nuque et y provoquer des tensions qui
peuvent être gênantes surtout quand on pratique de façon prolongée. Quoi qu’il
en soit, on doit régulièrement vérifier la relaxation de la nuque. Vajrasana (la posture du diamant,
assis sur les talons) peut être maintenue pendant plus longtemps si l’on
dispose deux coussins, l’un en dessous et l’autre au-dessus des chevilles.
Cette posture est conseillée après les repas. Certains hatha-yoguis
recommandent également à cette période-là de masser
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le cuir chevelu, de se peigner et d’éternuer trois fois ; l’idée est
probablement de ramener vers la tête l’énergie et le flux sanguin qui est
attiré principalement vers les intestins durant la période post-prandiale. Si
on trouve certain moyens pour ramener l’énergie vers la tête, cela diminuera la
somnolence spontanée. Pour trouver l’équilibre entre les latéralités du corps,
on peut commencer la séance par des oscillations d’un côté à l’autre, et en
réduire l’amplitude progreessivement jusqu’à ce que la colonne devienne
exactement verticale, comme le mât du bateau qui a du roulis sur un lac après
le passage d’une vague. La conscience (mindfulness)
de la posture au début d’une séance consiste à décrire mentalement cette
posture point par point tout en relaxant le corps. Ma conseillait ausi une
prièère à la forme divine qu’on adore (ishta-devata)
ou un genre d’auto-suggestion avant la méditation, par exemple : ‘je veux
dépasser tous les obstacles. Que mon esprit soit concentré sur mon objet de
méditation. Que le Tout-Puissant répandre sa grâce sur moi,’ etc…
III) SAHAJA (NATURAL) PRANAYAMA
Il faut essayer d’avoir une
respiration qui est harmonieuse, régulière et sans effort. Pour aider
l’attention au souffle, on peut percevoir deux points appelés dvadashantas (cad la fin des douze) à
douze travers de doigts de l’extrémité du nez, l’un à l’extérieur, l’autre à
l’intérieur. En fait, le dvadashant
interne est souvent placé au niveau du coeur. Dans le Shivaisme du Kashmir,
l’inspir s’appelle prana et l’expir apana. Ainsi, le dvadashanta est considéré comme le lieu d’origine et de dissolution
du prana et de l’apana. En fait, la
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première respiration de l’enfant nouveau-né est une inspiration, et la
dernière d’un mourant est une expiration, ainsi la durée totale de la vie d’un
individu (jiva) est encadrée par une
inspiration et une expiration. C’est pourquoi cette méditation sur les dvadashantas est ausi une méditation sur
la vie et la mort. L’inspiration correspond à jiva et Shiva, l’expiration à
Shakti, ainsi donc les dvadashantas
sont considérés comme les lieux d’union de Shiva et Shakti. En pratique, il est
très difficile de situer exactement ces lieux d’union.C’est pour cela que Ma
conseillait un léger kumbhaka (arrêt
du souffle avec les poumons soit vides soit pleins) pour avoir une perception
plus claire de la dissolution et de l’origine du souffle. Avec la pratique, la
période du kumbhaka décroît et le kumbhaka volontaire finit par
disparaître; mais paradoxalement, quand on sent le point, un kumbhaka se développe de lui-même et
peut se prolonger pendant une longure durée.
Il ya une façon de se préparer au
Svara Yoga –l’observation des
différences de latéralités du corps et leur rééquilibrage- il s’agit d’utiliser
un pranyama appelé nadi-shodana, la
purification des nadis. Classiquement, le pouce et l’annulaire ferment chaque
narine en alternance, en changeant de côté entre l’inspiration et l’expiration.
Après quelques temps, on peut faire la même pratique avec seulement la
conscience, sentant les latéralités du corps en alternance. Les gens qui
souhaitent pratiquer une sadhana avec une grande partie consacrée aux
pranayamas physiques doivent recevoir les conseils éclairés d’un maître qui a
pratiqué lui-même cette voie. Ce qui est écrit dans les livres correspond à une
pratique générale, mais concrètement,
on peut éprouver des difficultés à cause de différences
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individuelles; on les résoudra mieux avec l’aide d’un guide expérimenté.
IV) MANTRA
Une étymologie traditionnelle du
mot mantra est manonat trayati –‘(le
pratiquant) est libéré par la contemplation.’ Une difficulté du mantra, c’est
que sa répétition peut devenir automatique tandis que le mental continue à se
promener n’importe où. Pour empêcher cela, Ma disait souvent : Shvas shvas men jap karo ‘faites confluer la répétition de votre mantrtra dans votre
respiration’. Déjà, le simple fait de faire un nombre régulier de mantras à
chaque inspiration et expiration résultera dans une rythmicité et une
régularité du souffle. De plus, on peut essayer d’être conscient de
l’intervalle entre ces courtes séquences de mantra. De fait, le meilleur moment
pour le faire est entre l’inspiration et l’expiration ; cela reviendra à
une méditation du type de celle des dvadashantas
que nous avons évoqué ci-dessus. Une autre façon d’intensifier l’expérience du
mantra est nyasa, c’est à dire le
fait de le placer dans chacune des parties du corps. Nyasa signifie installer, déposer, et aussi investir. C’est donc une façon ‘d’investir’ Dieu dans
le corps, un processus pratique d’incarnation si l’on peut dire. Nyasa signifie aussi le fait
d’abandonner. Quand son abandon au Divin est complet, on atteint l’état de
renoncement, san-nyasa.
En pratique, si
l’on a déjà un mantra avec le nom d’une divinité, il suffit de mettre seulement
ce nom, ou même le bija-mantra, une
syllabe correspondant à la divinité, dans
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chaque partie du corps. Les fidèles de Ma peuvent placer
le nom ‘Ma’ lui-même. Une première sorte de lieux pour faire nyasa correspond
aux chakras. On conseile d’habitude de sentir les chakras le long de la colonne
vertébrale, une ligne qui correspond au ‘méridien gouverneur’ de
l’acuponcture ; cette méditation sur les chakras aide de fait à
‘gouverner’, maîtriser le mental rebelle. Une méthode efficace peut être
d’imaginer le guru assis en face de soi. On trace une sorte de cercle qui part
de son propren muladhara (à la base)
vers le sommet de la tête et qui traverse jusau’au sommet de la têtre du guru,
puis redescend par ses chakras jusqu’au muladhara.
Pour les débutants, il est meilleur de n’inclure que les quatre chakras
supérieurs, en commençant par le anahata
au niveau du coeur. Le nyasa peut être également effectué avec les lettres de
l’alphabet (qui sont les racines de tous les mantras possibles) et il est de
deux sortes, interne ou externe, selon sa localisation dans les chakras ou dans
la tête, les membres ou le tronc.
On dit dans un fameux distique en
sanskrit mantra-mulam guru-vakyam,
‘la racine du mantra, c’est la parole du guru’. Ceci signifie qu’en un sens
chaque parole du guru peut être prise comme un mantra. En faisant le nyasa de ces paroles de vie les unes
après les autres, on atteindra le san-nyasa,
c’est à dire le renoncement à son égo mesquin en se laissant imprégner par la
seule présence du guru, présence qui n’est pas différente du Soi.
V) NADA YOGA
Nada est le son éternel qu’on percevoir directement à
l’intérieur de nous-même. Nada, à la
différence des autres sons engendrés habituellement par le choc de deux
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objets (ahata), n’est pas produit
de cette façon ; c’est pourquoi on l’appelle aussi anahata. Nada était là
lors de la création du monde sous la frome du Pranava (Om). Tout l’univers provient de la rencontre de Shiva (nada) et de Shakti (bindu, le point, la première étincelle d’activité par laquelle
Shiva a crée le monde). Le bindu
correspond aussi au centre sur lequel on focalise son attention pendant la
pratique de la concentration, comme par
exemple le point au milieu du Shri Chakra.
En pratique, les débutants qui souhaitent avoir un avant-goût du Nada-yoga
peuvent pratiquer le brahmari-mudra
(la mudra du bourdon) après s’y être préparé par la pratique des préliminaires
du Yoga : les deux pouces ferment les oreilles, les index les yeux, les
médians les narines les annulaires poussent les lèvre supérieures et les petits
doigts la lèvre inférieure. On peut le pratiquer avec les poumons pleins ou
vides. On aura ainsi une idée de ce que peut être le nada dans sa forme la plus
matérielle. Par la suite, deux autres mudras peuvent aider à saisir le nada
spontané : d’abord, le jnana mudra
avec les extrémités des pouces et des index dirigées vers le haut, et ensuite
le mudra qui consite à diriger le bout de la langue vers le haut, mais sans
pour autant toucher le palais. Dans le vide à cet endroit, on peut percevoir le
nada. Classiquement, dix sortes de sons dont décrites, amais cela dépend en
fait de la persone et de sa capacité à les différencier, de même qu’un expert
en parfum peut distinguer dans une seule odeur un grand nombre de composantes
grâce à sa pratique et à la précision de son intuition. Par exemple dans mon
cas j’entends d’abord un son aigu et continu comme celui d’un groupe de criquets,
ensuite un son
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pulsatile comme celui de cloches, puis le son continu de conches et de
flûtes, et enfin le pranava. Dans la
Brihad-Aranyaka Upanishad, on donne une comparaison à propos de la connaissance
de Brahman (brahma-vidya) qu’on peut
appliquer aussi au son intérieur. Quand un père entend d’abord de loin un
choeur d’enfant qui chantent les védas, il ne peut y distinguer la voix de son
fils; mais lorsqu’il s’approche, il peut finalement la reconnaître. En fait,
tous les timbres de sons peuvent être perçus comme le pranava si on réussit à les entendre d’une façon parfaitement
continue ; cependant, il n’y a pas de raison de se faire croire qu’on
entend une certaine sorte de son sous prétexte qu’on l’a vue décrite dans les
textes.
On peut combiner le Svara-yoga, qui est une manière d'équilibrer les latéralités, avec l'écoute du nada. Un arrêt de la respiration, kumbhaka, spontané survient souvent lorsqu’on cherche à percevoir avec une attention complète un son intérieur subtil ; c’est comme si celui-ci était plus audible lorsqu’il n’est pas couvert par le léger bruit que produit l’inspir et l’expir. On doit être conscient de ce réflexe et éviter des kumbhakas forcés qui engendreraient des tensions inutiles dans le corps. Un autre nom du Nada-yoga est Laya-yoga, le yoga de la dissolution. Si quelqu’un est conscient de la continuité du nada, il demeurera dans le présent éternel. Le son fondamental est toujurs le même, mais à cause de l’écran de notre mental nous l’entendons différemment à différents moments. Le nada aide à réduire au silence les souvenirs passés, car le mental est à l’arrêt dans le présent continu : le soi individuel et relatif entre en fusion
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(laya) avec la conscience universelle, ce qui est le but de tout yoga.
Ce type de méditation est basé sur la
visualisation. Il correspond à la méditation avec forme, qui est une
préparation pour la méditatation sans forme. Elle est largement utilisée par le
bouddhisme tibétain par exemple, alors que le zen préfère orienter sa pratique
directement vers le sans forme. J’ai pu parcourir un journal spirituel de
Bholonath qui est maintenant détruit ; il y décrit une méditation sur les
cinq éléments probablement d’après des instructions de Ma. La terre est visualisée
dans le muladhara, l’eau dans le svadhisthana, le feu dans le manipura, l’air dans l’anahata et l’éther dans le vishuddha. On visualise d’abord l’eau
qui inonde toute la terre, ensuite le feu évapore l’eau, le vent éteint le feu
et finalement se dissout dans l’éther ; Cette pratique aide à dissoudre la
conscience habituelle du corps et oà se fondre dans le sans forme (évoqué par
les deux chakras supérieurs, l’ajna
et le sahasrara).
Des visualisations simples peuvent aider la
méditation : par exemple visualiser deux anneaux qui remontent à partir
des doigts de pieds les jambes et le ventre jusqu’à l’ajna, aspirant l’énergie vitale et la poussant vers ce centre. De
là, on envoie des vibrations vers sa divinité d’élection en face de soi, et on
en rapporte une lumière neuve qu’on répand dans son propre corps. Deux autres
pratiques de visualisation s’appuient sur des faits scientifiques ;
D’abord, la ‘méditation atomique’ est basée sur la notion que si l’on pouvait
coller toutes les particules subatomiques ensemble, la Terre entière
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pourrait
tenir dans un sac à main. Dans ce cas, le corps du méditant n’existerait plus
et ce qui resterait serait la conscience elle-même. Dans la seconde méthode, la
'méditation génétique’, on sent qu’on
retourne au moment de sa conception en visualisant la régression de son état physique et mental, etc… Si l’on
continue à essayer de retracer le processus qui a conduit à cet instant, on
réalisera que son existence individuelle a été divisée entre les matériels
génétiques de la mère et du père et divisée encore de plus en plus au fur et à
mesure qu’on remonte l’arbre généalogique pour finalement se dissoudre dans le
Soi universel. J’ai trouvé qu’il s’agissait d’une excellente méthode pour
surmonter la difficulté principales de la méditation, c’est à dire perdre sa
propre individualité et éveiller la conscience universelle.
Si l’on souhaite méditer sur les chakras, une façon simple de la faire est de visualiser que le lotus de chaque chakra regarde d’abord vers le bas et qu’ensuite, après sa ‘percée’, bheda, par le serpent de la kundalini, il se tourne vers le haut. Une autre façon de travailler utilise le mantra. On peut l’installer au centre de chaque lotus (tourné cette fois-ci vers le haut) et le transporter de bas en haut et de haut en bas entre le muladhara et le sahasrara ; nous avons aussi mentionné dans la section sur le mantra la méthode qui consiste à visualiser le guru en face de vous et à réunir ses chakras aux vôtres dans une sorte de cercle. Le fil directeur de ce continuum est votre conscience elle-même. Il y a aussi une façon de combiner la méditation sur le Shri Chakra et celle sur les chakras du corps. En bref, le cercle extérieur représentant la terre est visualisé dans un chakra supplémentaire en
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dessous du muladhara, le premier lotus dans un autre chakra surnuméraire un peu au dessus du chakra précédent, le second lotus dans le muladhara, les différentes séries de triangles dans les cakras asendants jusqu’au talu, le cakra au sommet de la voûte du pharynx et le bindu, le point central est placé dans l’ajna. A chaque niveau, le méditant se représente en face du chakra et adore la divinité qui y réside, mais quand il arrive à l’ajna, il se fond dans le point qui représente la Mère divine.
Les cinq chakras inférieurs correspondent
aux cinq éléments matériels qui constituent le monde tel que nous le voyons. L’ajna et le sahasrara représentent le monde spirituel. Des textes comme le Shatchacra-nirupanam, ‘la localisation
des six chakras’ distinguent deux sous-chakras dans l’ajna, l’inférieur qui correspond au mental, et le supérieur, un
peu au-dessus, aui correspond au Suprême, paramatman.
Encore au-dessus, après avoir passé la ligne des cheveux, il y a un-mani, le chakra après lequel on
pénètre dans la région du ‘non-mental’. Juste au-dessus du sahasrara est le maha-bindu,
la demeure de Shiva et la place de son union avec Shakti.
En conclusion, il est utile de souligner
l’importance de savoir pourquoi nous méditons. Parfois, certains sadhakas se plaignent
de ne pas avoir de résultats dans leur pratique et se sentent frustrés. Une des
raisons pour cela est qu’ils n’ont pas les conditions requises et la
préparation pour bénéficier de leur pratique. Une seconde raison est qu’il
travaillent mécaniquement, sans être conscient du but principal qu’ils
poursuivent. Le souvenir du but doit être le fil conducteur dans toutes ces
pratiques
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de
méditation. Ma disait souvent : ‘La grâce de Dieu est ici et maintenant,
comme la pluie qui tombe continûment ; tout ce dont vous avez besoin,
c’est de simplement tenir votre bol tourné vers le haut.’
Quelques conseils pratiques de Ma
Extraits du journal d'Atmananda
Pendant le séjour de Ma à
Kishenpur (Dehra-Dun) en avril 1957, un dame américaine posa nombre de questions
d'intérêt général:
Q: Juste quand je me réveille
le matin je me sens proche de Dieu mais cet état intérieur s'évapore jusqu'à un
certain point le temps que je me lève
et que je m'assoie pour la méditation. Est-ce bien de méditer allongée
Mataji : Quand vous apprenez par coeur, dans quelle position le
faites-vous? Certaines personnes apprennent mieux assises, d'autres allongées
et d'autres en marchant de long en large. Si vous trouvez facile de concentrer
votre esprit sur Dieu en étant allongée, vous pouvez le faire en restant
néanmoins bien droite dans cette position couchée. Mais la meilleure position
de méditation est d'être assis droit et complètement immobile dans la posture
qui est la plus confortable pour une
personne donnée.
Q : Est-il bon de dormir
pendant la journée?
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Mataji : La vie est de toutes façons une sorte de sommeil dont on doit se
réveiller (Ma disait à peu près la même chose à propos des rêves : cette vie
elle même est un rêve dont il faut s'éveiller). Il est donc bon de rester
réveillé autant que possible. Les brahmacharis et sadhous ne sont même pas
autorisés à dormir pendant la journée. Quand on progresse en méditation, on a
besoin de moins en moins de sommeil. Une personne ordinaire ne rentre en
contact avec son Soi que dans le sommeil profond et en demeure séparé pendant
tout le reste du temps. Le contact est inconscient, pourtant il est là et rend
la vie supportable. Par conséquent, le sommeil est absolument nécessaire pour
les individus ordinaires.
Le but de la sadhana est de
devenir complètement conscient de son soi. Quand on a accompli cela on a
atteint un état où l'on transcencde à la fois le sommeil et ce qu'on appelle
communément l'état de veille. Dans le sommeille le corps se repose et récupère. C'est pour cela qu'on donne des somnifères
aux personnes quand elles sont malades.
Quand vous êtes très intéressé à quelque chose vous ne vous sentez pas
somnolent, vous pouvez veiller jusque tard dans la nuit; mais après, vous provoquez
une réaction et vous avez à recupérer le manque de sommeil.
Quand vous vous
mettez à vous intéresser réellement à la quête du Divin ou de la Vérité, vous
trouverez toujours plus de joie dans la méditation et aurez besoin de moins en
moins de sommeil. On doit réduire petit à petit le temps de sommeil. C'est un
besoin qui doit décroître spontanément. Sinon, on est fatigué et on ne peut
faire son travail correctement. Néanmoins, si l'on retire dix minutes sur un
sommeil de six heures, il n'y aura pas d'effets défavorables. Le besoin de sommeil
dépend jusqu'à un certain point de son
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état de santé et de la qualité et quantité de nourriture.
Q : Bien des gens mendient par
habitude alors qu'ils ne sont pas réellement dans le besoin. Doit-on donner à
de tels mendiants?
Mataji : Si l'on se trouve être informé qu'ils ne sont pas dans le
besoin on ne doit certainement pas leur
donner. Car s'ils font un mauvais usage du cadeau, une partie des mauvais
résultats devra être supportée par le doneur. Parfois, on sent intuitivement si
un mendiant est dans le besoin ou non, mais c'est loin d'être le cas tout le
temps. Dans ces cas on doit donner avec la pensée que c'est Dieu lui-même qui
demande l'aumône. Quand on donne avec une telle attitude, il n'y aura pas pour
soi de mauvaises conséquences qui s'ensuivront.
(Amrita Varta, octobre 1999)
MA ANANDAMAYI
La joie de la
sagesse et la sagesse de la joie
par Jacques Vigne
Ce court
article sur Ma avait été demandé par Charles Abot, directeur de la revue 3e
Millénaire, pour leur numéro 53 d'été sur les femmes enseignantes spirituelles.
Pour des raisons de délais trop brefs, il n'a pas pu être publié, cependant
l'équipe de 3e Millénaire a fait une présentation de Ma d'après divers ouvrages
qui était brève, mais de bonne qualité. La reprise de cet article dans Jay Ma
permet
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également de redonner aux lecteurs une bibliographie
à jour de Ma.
Charles Abot m'a demandé de développer
particulièrement les aspects pratiques et concrets de la pédagogie sacrée de Ma
Anandamayi. Je n'ai pas été directement formé par elle, étant arrivé trois ans
après qu'elle a quitté son corps en Inde, mais je suis proche depuis quatorze
ans de son disciple français Vijayanananda qui a passé trente ans à son école
et vit actuellement à son ashram de Kankhal. J'ai écrit cet article dans un
ermitage de Ma en Himalaya. Ma avait une approche de la pédagogie spirituelle
éminemment féminine et maternelle. Ce n'est pas sans raison que son entourage
et les foules de visiteurs voyait en elle une manifestation de la mère divine.
Elle disait que le mental lui-même était comme un enfant à éduquer, avec ce
mélange de fermeté de tendresse qui font les bons parents: s'il n'y a pas de
fermeté envers le mental, on risque de tomber dans un pseudo-non- dualisme du
genre " tout est là, il n'y a rien à faire ". C'est vrai dans
l'absolu qu'il n'y a rien à faire, mais en pratique il y a beaucoup à défaire,
d'où la nécessité d'un travail sur soi. Par ailleurs s'il n'y a pas de
tendresse envers le mental, celui-ci risque de se dégoûter de la pratique
spirituelle, ou de se venger comme un enfant qui a été battu par son père prend
sa revanche à l'adolescence.
La base de l'enseignement de Ma était
solidement non- dualiste mais cela ne empêchait pas de revenir souvent à
l'amour du divin. Elle exprimait la convergence des deux voies, celle de la
connaissance et celle de l'amour, en des mots simples « se connaître soi-même,
c'est connaître Dieu et connaître Dieu, c'est se connaître soi-même ». Ma,
comme
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les autres grands
sages, n'aimait pas se lancer dans de long discours. Un jour en prenant son
bain elle a eu l'intuition certaine (kheyal) qu'elle devait entamer différentes
voies de sadhana; celles-ci se sont manifestées en elles spontanément et sont
arrivées à leur perfection de façon rapide. Ella a été cinq ans en silence
quand était jeune mariée, et de nouveau un an en 1976, mais ceci ne doit pas
laisser penser qu'elle ne transmettait que par sa présence et qu'elle n'avait
pas d'enseignement construit. Elle en avait un, qui correspondait à l'ancienne
tradition de l'Inde. Certains occidentaux qui espéraient parler abondamment de
leur vie intérieure avec elle comment avec un psychanalyste ont été déçus et
ont quitté. Ils n'ont pu supporter sa simplicité brûlante qui éloignait les
pensées superflues comme le fer chauffé à blanc fait fuir les insectes.
Elle a amené les
gens à aller au-delà du mental de façon naturelle, en établissant avec elle un
lien d'amour. La plupart des visiteurs, même s'ils avaient du mal à sonder sa
profondeur sentait qu'il ressortaient de chez elle en ayant reçu le « don de
l'amour ». Avec ses fidèles proche ce lien était très intense, même si avec les
années il devenait de plus en plus intériorisé. Si ce lien n'est pas fortement
établi, dès que le maître se met à travailler d'un peu près sur l'égo du
fidèle, celui-ci s'enfuit ne revient plus ; cela représente en pratique le
problème principal de l'enseignement spirituel. D'où la douceur de Ma dans son
rapport aux autres. Elle était en faveur du système des quatre ashrams où les
étudiants se marient et vers la fin de la vie prend le vanaprastha, ceci n'empêchant pas pour certains si l'appel était
intense, de choisir le renoncement en étant encore jeune. Ma enseignait par la
joie; elle décrivait parfois l'atmosphère autour d'elle
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comme « l'ananda
ka bazar » « le marché de la joie". Une des fonctions principales du
maître spirituel est d'éveiller cette expérience de joie intérieure chez le
disciple. Même si elle n'est pas durable celui-ci en gardera l'arrière-goût,
n'aura de cesse de la retrouver et de se mettre à la pratique spirituelle avec
une intensité véritable. Quand on lit ou entend les témoignages de la vie de
Ma, il était évident qu'elle avait rapport à distance avec ses fidèles. Elle
disait qua quand quelqu'un la priait, elle voyait son visage apparaître sur son
écran mental.
Elle portait peu d'attention gens qui faisait
tout un plat de leurs expériences spirituelles, il lui arrivait même de
détourner la tête quand ils en parlaient ; mais si la même personne quelques
jours plus tard, faisait une grosse colère dans l'ashram, elle l'appelait et
pouvez passer une heure à le faire réfléchir sur ce pourquoi il avait cédé à
l'impulsion de colère. Elle attendait que les gens soient en situation pour
donner un enseignement, de cette façon ils en gardaient un souvenir
inoubliable.
Nous avons vu que dans sa jeunesse, Ma
avait pratiqué de façon condensée différents types de pratiques spirituelles,
ce qui lui permettait de guider chacun sur sa propre voien ce que les maîtres
en général ont du mal à faire. Cependant, quand on lui demandait si elle avait
pratiqué le tantrisme de la main gauche, celui qui utilise les relations
sexuelles, elle répondait qu'elle n'en avait pas eu besoin, car elle était
arrivée la perfection du mariage mystique, de l'union du masculin et du féminin
à l'intérieur. Ceci est rapporté par Amulya Datta Gupta dans la version bengali
de 'En association avec Ma Anandamayi'.
Il a traduit lui-même ce passage où il parle du jeu de sadhana de Ma en anglais
pour Vijayananda.
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Elle enseignait par l'exemple la
perfection dans la vie quotidienne et en cela se rapprochait et de la « petite
voie » pratiquée par Thérèse de Lisieux, ainsi que d'autres grands saints de
diverses traditions. Au cours de l'évolution spirituelle, on peut avoir souvent
l'impression que Dieu, ou le Sir, sont éloignés, comme insaisissable. Cependant,
ceux qui auront établi la relation intérieure avec Ma la sentent intensément et
peuvent dire : "Dieu est loin, mais Ma est proche"
Pour aller plus loin
Nous avons la chance français d'avoir une
littérature assez développée sur Ma Anandamayi : déjà le classique Enseignement
de Ma Anandamayi dans Spiritualités
vivantes et dans la même collection la réédition de Aux sources de la joie. La Table Ronde à édité le petit livre Perles de sagess, et Jean-Claude Marol a
fait une trilogie de paroles de Ma Vie en
jeu (Accarias) En tout et pour tout
(Le Fennec) et Une fois Ma Anandamayi (Le Courrier du Livre), ces
deux derniers ouvrages contenant une série de photos e Ma. Il y a aussi Présence de Ma Anandamayi aux Deux
Océans et Visage de ma Anandamayi au
Cerf et récemment à Terre du ciel la traduction du Matri darshan de Bhaiji et Un
Français dans l'Himalaya de Vijayananda présentant une vision authentique
de la grande sage par des témoins très proches d'elle. A par ces deux ouvrages,
les livres sur Ma sont souvent centrés sur ses paroles alors que la pédagogie
d'un grand sage se manifeste plus clairement dans les anecdotes de ses
relations avec ses disciples et visiteurs. Pour en savoir plus les lecteurs
peuvent visiter le site que nous avons créé sur Ma http://www.anandamayi.org en
français et en anglais, qui contient neuf livres complets, ainsi que des
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extraits de
cassettes audio et vidéo de Ma. On trouvera des liens également à d'autres
sites sur des enseignement apparentés à celui de Ma.
En anglais disponible facilement en Europe
et aux Etats-Unis, signalons les deux livres d'Oxford, Anandamayi de Richard Lannoy, un grand livre de photos mais avec un
texte aussi qui mérite d'être lu, et le livre tout recent Mother of Bliss de Lisa L Hallstrom dont nous parlons dans les
nouvelles.
Un chant à Ma Ananandamayi
Sarada Ma est française, elle a un ashram
près d'Aix-en-Provence, et un autre à Laxman Jhula à Rishikesh. Elle a été
ordonnée sannyas par un rite mixte hindou et chrétien avec Swami Shankarananda
de la lignée du Kriya Yoga de Yogananda Paramahamsa et par un prêtre chrétien
indien qui avait aussi pris le sannyas. Elle a été inspirée en cela par
l'exemple de Swami Abhishiktananda (le Père Le Saux) qui portait la robe orange
et avait organisé un rituel d'initiation monastique mixte pour son disciple
Marc Chaduc en 1973 sur la plage du Gange à Rishikesh avec Swami Chidananda.
Les paroles et la musique de ce chant lui était venu spontanément en fin avril
1983 au moment du premier anniversaire de Ma
après que celle-ci ait quitté son corps. Elle nous a fait entendre la
mélodie elle-même en s'accompagnant de la guitare avec quelque qu'un qui jouait
aussi de la tampoura un soir près du samadhi de Ma, et la musique et la voie
était très inspirées. Ceux qui souhaiteraient l'écouter peuvent sans doute lui
envoyer une cassette avec une enveloppe réponse et elle leur copiera
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l'enregistrement
du chant quand elle reviendra en France fin avril. (Kriya Yoga Ashram Chemin des Pesses 13840 Rognes)
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